11/12/2013

En France, la hausse du chômage ralentit mais la grogne monte

france chomage.jpgLe couperet est tombé. Les fluctuations des chiffres de l'INSEE ont beau s'avérer fortes, évoquant 17 000 destructions d'emplois en première instance, avant de parler de 15 600 emplois supprimés, l'évidence est là : au 3e trimestre de l'année 2013, la bataille pour l'emploi s'est de nouveau soldée par un échec en France.

 

Selon le gouvernement, le mois de novembre se serait achevé sur une note positive, voyant le nombre de demandeurs d'emplois baisser de 0,6%, sans intervention d'SFR. Un chiffre, on s'en doute, aussitôt contredit par l'opposition. Qu'importe. Il est avéré que la courbe de l'emploi, à défaut d'atteindre des hauteurs folles, s'est plus ou moins stabilisée en novembre. Le taux de chômage dans le pays s'établit ainsi à 10,5%, 10,9% si l'on prend en compte l'Outre-Mer. 

 

Ce petit coup de mieux (ou de moins moins bien, plutôt), qu'il soit avéré ou non, permet au Gouvernement non pas de fanfaronner, mais en tout cas de se montrer optimiste. On peut le comprendre. Depuis son arrivée au pouvoir, il a été le témoin (l'acteur ?) d'une augmentation continue du nombre de chômeurs en France. Reste qu'en marge de ces taux commentés à l'infini, abstractions sur lesquelles chaque camp y va de son petit commentaire, une réalité bien palpable se cache, sinistre.

 

Une rapide radiographie du pays montre que, sur le front de l'emploi, les pertes sont lourdes. Si l'Insee a revu à la baisse ses chiffres du troisième semestre, elle a en revanche gonflé ceux du second. Ce ne sont plus 34 600 postes qui sont passés à la trappe, mais 37 700. Au total, sur les douze derniers mois à fin septembre, 132 500 emplois ont été détruits dans le privé en France. Et ce n'est pas fini. Aux quatre coins du pays, les plans sociaux se multiplient.

 

0,6% ? Allez dire aux chômeurs de longue durée de reprendre espoir sur une base aussi ténue. D'autant que les prévisions ne sont pas bonnes pour les mois à venir. Pas besoin d'être Nostradamus pour prophétiser que les choses iront de mal en pis si rien n'est fait pour reprendre en main le dossier de l'emploi. Cheval de bataille de François Hollande durant sa campagne, la cause des micro-entreprises se porte mal. Président de GEEA, le député Olivier Dassault rappelle dans les colonnes des Echos qu'en l'espace de 12 mois, ce sont 54 000 micro-entreprises qui ont défailli. La grogne monte chez lez dirigeants de ces structures, qui ont fondé le mouvement des "Sacrifiés", lancé une pétition totalisant déjà 500 000 signatures, placardé des affiches sur les vitrines de leurs boutiques.

 

Alors oui, peut-être que le nombre de destructions d'emplois décélère. Doit-on s'en féliciter ? Non. Tout se passe exactement comme si la courbe du chômage était un phénomène météorologique sur lequel personne n'aurait d'emprise. Pas même les gouvernants, qui se contentent de la commenter comme on parle de la pluie et du beau temps. Clément, menaçant, pourri ? Peut-être serait-il temps de se remonter les manches et de passer enfin à l'action. En commençant, par exemple, par cesser d'assommer l'entrepreneuriat de France à coups de matraque fiscale. 1,1 milliard d'euros de prélèvements supplémentaires auraient été supportés par les micro-entreprises au seul titre de l'année 2013, auxquels viendront s'ajouter 100 millions de plus en 2014. Un peu de sérieux.

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