22/05/2014

La croissance oui, mais pas pour tous !

Cameron-HollandeLes hommes politiques (français) ne sont plus à un grand écart près. Expliquant haut et fort que toutes les décisions prises depuis le début du quinquennat de François Hollande devaient apporter la croissance, le zéro pointé du premier trimestre 2014 n’est selon eux pas grave, pas significatif. En attendant, le voisin britannique surfe sur une bonne vague. Un exemple à suivre ? 


La croissance accélère… en Grande-Bretagne

Premier semestre qui se conclut avec un zéro pointé. La France est en plein doute malgré les airs assurés du Gouvernement. Zéro ? Cela présage une tendance à la hausse assure-t-on. Vraiment ? Outre-Manche, la question ne se pose pas. Si la croissance est moins forte que prévue, elle est quand même de 0,8 % pour le premier trimestre 2014. Encore mieux, elle est de 3,1 % sur un an !

+0,9 % pour les services ; +0,8 % pour la production industrielle ; +0,3 % dans la construction – ce dernier légèrement en berne, affecté notamment par les intempéries. Selon l’Office National des Statistiques (ONS), la croissance de l’économie britannique sera de 2,7 % en 2014, soit sa meilleure performance annuelle depuis 2007. Une économie repartie sur les chapeaux de roues début 2013, grâce à l’activisme de la Banque d’Angleterre, le rebond de la consommation et du marché immobilier. 

Cette accélération de la croissance a été saluée par M. Osborne, Chancelier de l’Échiquier : « Les chiffres d’aujourd’hui montrent que la Grande-Bretagne fait son retour, mais nous ne pouvons pas considérer cela comme acquis. Nous devons continuer à travailler dans le cadre de notre plan économique de long terme », a déclaré le ministre.

Une croissance annuelle de 3 %

De son côté, l’économiste d’IHS,Howard Archer, estime que l’économie britannique pourrait « croître de 3 % en 2014 », une première en sept ans. Selon lui, l’investissement devrait rebondir nettement grâce à la confiance retrouvée des entreprises, tandis que la consommation devrait croître de 2,5 % cette année, portée par l’amélioration du pouvoir d’achat et un marché de l’emploi solide. 

Le chômage est en effet passésous la barre des 7 % fin février, son plus bas niveau depuis cinq ans. « Alors que les enquêtes auprès des entreprises, l’emploi et la confiance montrent une amélioration continue, nous restons optimistes sur les perspectives de croissance du Royaume-Uni et prévoyons une croissance annuelle de 3 % », a déclaré l’économiste en chef d’ING, James Knightley.

Malgré ces chiffres optimistes, les syndicats et l’opposition accusent le gouvernement d’avoir fait voler en éclat la stimulation économique avec la cure d’austérité. « C’est le genre de croissance que nous aurions pu voir il y a deux ou trois ans si le gouvernement n’avait pas étouffé la reprise avec des coupes, de l’austérité et des gels de salaires », a dénoncé la secrétaire générale de la confédération syndicale TUC, Frances O’Grady.

La France et le minuscule 1 % de croissance tant espéré par le Gouvernement pourra-t-il suivre le chemin tracé par les conservateurs britanniques ? Les annonces et contre-annonces de la nouvelle équipe au pouvoir sont faites pour rassurer Bruxelles et obtenir la confiance des Français. Ce jeu est périlleux et une question demeure. Quid de la croissance ? 

Les commentaires sont fermés.