03/09/2014

Le gouvernement ne fera pas les économies prévues en 2015

Michel-Sapin-Il-faut-une-pause-dans-tous-les-impots-1.jpgVoilà, c’est officiel. Alors que cela ne constituait plus un grand mystère, Michel Sapin a déclaré à l’Agence France Presse le 2 septembre que nous ne pourrions pas parvenir au chiffre de 21 milliards d’économies sur l’année 2015. Le montant de la baisse ? Trop tôt pour le savoir mais une chose est sûre, la faible inflation va faire beaucoup de mal à nos espoirs d’économies.

 

La faible inflation responsable

Michel Sapin a estimé le mardi 2 septembre que la France ne pourrait pas atteindre ce chiffre de 21 milliards d’économies pour l’année 2015. La raison ? L’inflation serait trop faible, et ne permettrait donc pas la réalisation ambitieuse de ces économies. En effet, le niveau idéal d’inflation est d’environ 2,0% selon la Banque centrale européenne, alors qu’il est seulement de 0,5% aujourd’hui en France. « L’année prochaine, par exemple, là où sur une hypothèse d’inflation de 1,5% on faisait au delà de 1 milliard d’économies par le seul gel de prestations, aujourd’hui ces économies sont remises en cause », a déclaré Michel Sapin.

Parallèlement à cette annonce, le gouvernement a rappelé, une fois de plus, les risques liés à une éventuelle déflation. Cette déflation, étant donné le faible niveau de l’inflation partout en Europe, est un risque qui pèse sur la France et ses voisins. La faible inflation ne permet déjà pas l’augmentation des recettes, mais la déflation constituerait un véritable choc économique. Cela entrainerait la fin de l’investissement, un credit crunch, la fin de l’emploi… une situation qui pourrait être fatale à l’Union européenne.

Les engagements à plus long terme devraient être respectés

Si Michel Sapin a du reconnaitre les difficultés qu’allait rencontrer la France en 2015, il n’en demeure pas moins qu’il a réaffirmé aux Échos que le plan de 50 milliards d’économies d’ici à 2017 serait respecté. Une drôle d’annonce, et une crédibilité proche du néant. En effet, cela supposerait de faire de gros voire très gros efforts en 2016 et 2017, ce qui est peu probable quand la majorité des électeurs socialistes réclament à corps et à cris une politique économique qui soit vraiment de gauche, c’est-à-dire promouvant l’investissement et laissant filer le déficit.

Le nouveau ministre de l’Économie, Emmanuel Macron, semblait conscient de ces difficultés. Il a notamment déclaré au Point que « faire des économies devient plus difficile ». Pourtant, la révision du chiffre de 2015 devrait être « un des seuls aménagements acceptables des 50 milliards d’efforts sur trois ans : si l’inflation n’est pas au rendez-vous, il faudra trouver quelles économies faire à la place, qui prendront sans doute un peu plus de temps ».

Avec du recul, cette annonce précoce pour 2015 semble s’inscrire dans une volonté de l’exécutif de préparer les déceptions en amont. Une volonté de vérité, s’il est possible de trouver un bon point à la politique économique du gouvernement, « car il aurait été irréaliste de prétendre pouvoir trouver des économies supplémentaires d’ici la fin du mois », selon le Ministère de l’Economie. Conséquence de tout cela, le déficit ne devrait pas atteindre l’objectif fixé de 3% en 2015 mais bien se stabiliser à 4%. Une déconvenue de plus qui ne manquera pas de susciter de vives réactions, y compris à gauche. 

 

 

15:15 Publié dans Economie | Lien permanent