14/10/2014

Non, vous ne gagnerez pas des milliers d’euros grâce aux plateformes de trading en ligne!

économie, trading, trader, internet, arnaqueSi vous surfez régulièrement sur Internet, vous n’avez surement pas pu échapper à des annonces du type « Devenez trader et gagnez plus de 10.000 euros par mois ! ». Pour gagner de l’argent de plus en  plus vite, un grand nombre d’internautes ont passé le pas en cliquant sur ces fenêtres mais cela ne s’est pas avéré être un investissement lucratif, bien au contraire. Selon une étude de l’Autorité des marchés financiers (l’AMF), 90% de ces investisseurs particuliers ont perdu de l’argent sur ce marché.

Une offre très attractive…

 Ce marché c’est celui des plateformes de « foreign exchange market » en ligne autrement dit, le marché international des devises, souvent abrégé en « forex » et le problème c’est que cette arnaque est très bien organisée. Contrairement aux escroqueries envoyées par mail, souvent bourrées de fautes d’orthographe et facilement détectable pour un œil un peu méfiant, les plateformes de forex online douteuses ont l’avantage d’avoir l’apparence de sites tout à fait sérieux, réalisés par des webmasters expérimentés. « On peut être étonné du professionnalisme des webmasters qui conçoivent ces sites » a d’ailleurs déclaré Maitre Jean Tamalet, avocat des victimes de ces arnaques.

Faites l’expérience et recherchez « plateformes de forex online risques » sur n’importe quel moteur de recherche et vous verrez que les dix premières pages de résultats ne référencent que des adresses de sites de trading, de casinos et de pokers mais pas une mise en garde sur les effets négatifs des sites en question.

Le marché du forex ne représente pas moins de 4 000 milliards d’euros d’échanges quotidiens, de quoi mettre des étoiles dans les yeux d’un bon nombre d’apprentis traders. Dans ce marché, il s’agit de jouer sur les monnaies, d’acheter des dollars avec des euros, d’attendre que le cours du dollar monte puis de les échanger contre plus d’euros qu’initialement. Cette mécanique est d’ailleurs possible avec les devises du monde entier.

… et accessible par tous

Le fait que le forex soit accessible avec des petites sommes d’argent permet aux amateurs de tenter leur chance. Néanmoins, il est tout de même nécessaire de connaitre les outils sophistiqués mis entre les mains du cambiste amateur, même sur les sites fréquentables. Au final, il est beaucoup plus compliqué qu’annoncé de gagner de l’argent car sur le forex les gains, tout comme les pertes peuvent atteindre jusqu’à 400 fois l’offre initiale. 

En France, ce sont 20.000 amateurs qui investissent sur le forex, depuis que la directive européenne Mifid sur les marchés financiers a rendu le marché accessible aux particuliers en 2007. Et ce marché se porte très bien ! Il a connu une hausse de 51% d’adeptes au cours des douze derniers mois. Cette tendance a bien été remarquée par de nombreuses sociétés principalement basées à Chypre là où la législation est plus souple. Ce qui contribue aussi au succès de ces sites, ce sont « les campagnes publicitaires agressives visibles sur Internet portant sur le trading sur le forex, qui sont souvent relayées par de fortes pressions commerciales exercées par le biais de nombreuses opérations d’emailings, de relances téléphoniques, etc. » a commenté l’AMF.

Au final, ce qu’il faut retenir c’est que le trading est un véritable métier qui doit être exercé par des personnes expérimentées et conscientes des éventuelles conséquences de leurs actes. Les sociétés profitant de la faiblesse de certains pour leur soutirer de l’argent en leur faisant miroiter des gains imaginaires doivent être encadrées légalement afin que ces arnaques arrêtent.

 

 

 

 

08/09/2014

Qui prend soin de la « French tech »?

french-tech-startup.jpgSelon un classement du Wall Street Journal publié l’année dernière, la France se classerait à la septième marche du podium des pays les plus accueillants pour les start-ups. Ce rapport, effectué sur les bases des investissements en capital-risque levés par les sociétés technologiques, traduit la considération particulière que porte la France pour l’innovation. Biotech, high-tech, numérique, si cette tendance « start-up friendly » permet à des secteurs de niche de se développer et à de jeunes sociétés d’émerger, il est intéressant de se pencher de plus près sur le contexte dans lequel évoluent ces entreprises très spécialisées. Des incubateurs d’idées au financement par les marchés financiers, la start-up made in France prend ses marques.

 

Un écosystème en plein développement

Ymagis, Criteo, Silkan, ces noms ne vous disent peut-être pas grand chose mais ils désignent pourtant quelques-unes des start-ups françaises qui fonctionnent le mieux à l’heure actuelle. Ces trois entreprises figurent d’ailleurs dans les premières places du palmarès Deloitte de 2013, recensant les 500 start-ups dans le monde qui présentent les plus forts taux de croissance. Dans ce champ de jeunes pousses, la récolte française est excellente puisque sur les centaines de sociétés figurant dans ce classement, 90 trouvent leurs racines dans l’Hexagone. En première position, on retrouve Ymagis, entreprise spécialisée dans la fourniture de services et de technologies numériques pour l’industrie du cinéma. Cette start-up dont le siège est à Paris peut se targuer de jouir d’une croissance phénoménale de 60 000 % sur cinq ans.

Cependant, l’univers start-up n’est pas qu’une affaire de premier de la classe ou de concours, ces attributions de bons points servent surtout à rendre compte d’un marché en plein essor, qui participe à faire grandir un pays en valorisant sa capacité à innover, et la plupart du temps loin de toutes considérations du grand public. A l’instar d’Ymagis, les entrepreneurs en herbe sont nombreux chaque année à se lancer dans l’aventure start-up, forts d’un savoir-faire spécifique propre aux nouvelles technologies et avides de réussite.

Ces porteurs de projets reçoivent désormais le soutien d’organismes publics ou privés leur donnant l’opportunité de se développer et de rencontrer les interlocuteurs nécessaires au déploiement de leur activité. Des dizaines d’incubateurs ont ainsi vu le jour, ne serait-ce qu’en Île-de-France. De Paris Région Lab à la Halles Freyssinet de Xavier Niel, en passant par Le Camping de l’association Silicon Sentier, tous proposent de mettre leur expertise au service de ces créateurs d’entreprises innovantes, de leur fournir des espaces de travail et de les accompagner dans les premières phase de leur aventure.

Le tissu entrepreneurial a beau être davantage favorable aux nouveaux venus sur le terrain de l’innovation, ces derniers jouissent d’une notoriété qui parfois frise le néant. Pour un Google aujourd’hui, combien de talents contribuent dans l’ombre à travailler, chercher, mettre au point des procédés, des services emprunts d’innovation et ayant pour objectif une amélioration certaine de notre quotidien ? C’est sur ce manque de visibilité que veut agir le festival « Startup Assembly », qui avait lieu en juin dernier à Paris. Cette manifestation a vocation à rassembler tous les ans les acteurs de la French Tech et à donner l’occasion au grand public de venir à leur rencontre et découvrir leur activité. Si nos entrepreneurs nationaux ne manquent pas d’un savoir-faire riche et d’initiatives à revendre, il ne suffit pas d’avoir des idées pour prospérer, ça se saurait, encore faut-il avoir les moyens de ces ambitions. Et d’un point de vue financier, ces patrons nouvelle génération peuvent parfois se heurter à quelques difficultés.

Du financement participatif à la Bourse EnterNext de Dominique Cerutti, les start-ups alimentent leur capital

Les start-ups gravitant dans les nouvelles technologies présentent un profil de risque assez élevé qui fait souvent peur aux banques. Sclérosées par une crise encore bien  présente dans les esprits, ces organes financeurs rechignent de plus en plus à octroyer des fonds à des projets qui ne leur inspirent pas pleinement confiance. Certes, qu’ils soient développeurs de logiciels, spécialisés en biotechnologie ou encore en chimie, ces entrepreneurs s’inscrivent dans un environnement complexe, dynamique et incertain. C’est ainsi que le recours au financement bancaire prend aujourd’hui rapidement des allures de chemins de croix, parcours du combattant ayant atteint un niveau supérieur depuis que les banques sont soumises aux règles prudentielles de Bâle III.

Devant des banques fantômes, les jeunes sociétés sont nombreuses à se tourner vers le financement participatif ou « Crowdfunding ». On relève pas moins de 3 milliards d’euros collectés l’année dernière dans le monde par des plateformes de financements participatifs. Cette tendance est encouragée par le gouvernement qui souhaite que les start-ups y trouvent les capitaux nécessaires à leur fonctionnement. « Je suis convaincue que les Français veulent être des acteurs de notre économie et nous devons leur permettre de financer les projets auxquels ils croient », déclarait en février Fleur Pellerin lorsqu’elle était encore ministre en charge des petites et moyennes entreprises, de l’innovation et de l’économie numérique. L’ambition d’alors pour la ministre était claire : « faire de la France le pionnier du financement participatif et la start-up république de l’Europe ». Un vaste programme qui prend vie grâce à des plateformes de crowdfunding comme Particeep ou Wiseed.

Très peu envisagée il y a encore quelques mois, l’incursion sur les marchés financiers devient peu à peu une option séduisante pour quel entrepreneur voudrait lever des capitaux, cela grâce notamment au lancement en 2013 d’EnterNext, la bourse de Dominique Cerutti dédiée au PME. Le patron d’Euronext déclarait alors : « Il s'agit d'accompagner les patrons de PME qui sont en mal de financement ». Pari réussi puisqu’en une année d’existence, EnterNext a enregistré de belles performances. «Depuis sa création en mai 2013, nous avons enregistré 47 introductions en Bourse sur nos quatre places européennes, pour un total levé de plus de 1,8 milliard d’euros. Cette vague d’IPO est aussi remarquable par sa diversité sectorielle: sociétés industrielles, cleantechs et technos sont présentes», annonce Eric Forest, patron d’EnterNext. Parmi ces IPO, on relève notamment les site Planet.fr ou Viadeo, la société Voltalia spécialisée dans la production d’électricité à partir d’énergies renouvelables, ou encore l’éditeur de logiciels Ateme.

Ces divers schémas de financement sont légitimés par un besoin massif de fonds de la part de ces start-ups, en demande constante de moyens pour embaucher, développer leur R&D, produire. Leur permettre d’accéder plus facilement à de nouvelles sources de capitaux, c’est permettre à la France de conserver dans ses frontières les futurs géants de demain. Selon l'ambassade de Grande-Bretagne en France, le nombre d'entreprises françaises ayant installé des filiales à Londres a progressé de 43% entre 2012 et 2013, avec une majorité composée de start-ups technologiques. Avec une politique fiscale très attractive envers les start-ups et une ambiance très « love tech », elles sont nombreuses à préférer traverser la Manche pour profiter de la dynamique. Gageons qu’au regard des multiples efforts faits pour que les start-ups puissent s’épanouir sur notre territoire, cette tendance soit amenée à s’inverser très bientôt.

 

 

15:23 Publié dans Economie, Techno | Lien permanent

03/09/2014

Le gouvernement ne fera pas les économies prévues en 2015

Michel-Sapin-Il-faut-une-pause-dans-tous-les-impots-1.jpgVoilà, c’est officiel. Alors que cela ne constituait plus un grand mystère, Michel Sapin a déclaré à l’Agence France Presse le 2 septembre que nous ne pourrions pas parvenir au chiffre de 21 milliards d’économies sur l’année 2015. Le montant de la baisse ? Trop tôt pour le savoir mais une chose est sûre, la faible inflation va faire beaucoup de mal à nos espoirs d’économies.

 

La faible inflation responsable

Michel Sapin a estimé le mardi 2 septembre que la France ne pourrait pas atteindre ce chiffre de 21 milliards d’économies pour l’année 2015. La raison ? L’inflation serait trop faible, et ne permettrait donc pas la réalisation ambitieuse de ces économies. En effet, le niveau idéal d’inflation est d’environ 2,0% selon la Banque centrale européenne, alors qu’il est seulement de 0,5% aujourd’hui en France. « L’année prochaine, par exemple, là où sur une hypothèse d’inflation de 1,5% on faisait au delà de 1 milliard d’économies par le seul gel de prestations, aujourd’hui ces économies sont remises en cause », a déclaré Michel Sapin.

Parallèlement à cette annonce, le gouvernement a rappelé, une fois de plus, les risques liés à une éventuelle déflation. Cette déflation, étant donné le faible niveau de l’inflation partout en Europe, est un risque qui pèse sur la France et ses voisins. La faible inflation ne permet déjà pas l’augmentation des recettes, mais la déflation constituerait un véritable choc économique. Cela entrainerait la fin de l’investissement, un credit crunch, la fin de l’emploi… une situation qui pourrait être fatale à l’Union européenne.

Les engagements à plus long terme devraient être respectés

Si Michel Sapin a du reconnaitre les difficultés qu’allait rencontrer la France en 2015, il n’en demeure pas moins qu’il a réaffirmé aux Échos que le plan de 50 milliards d’économies d’ici à 2017 serait respecté. Une drôle d’annonce, et une crédibilité proche du néant. En effet, cela supposerait de faire de gros voire très gros efforts en 2016 et 2017, ce qui est peu probable quand la majorité des électeurs socialistes réclament à corps et à cris une politique économique qui soit vraiment de gauche, c’est-à-dire promouvant l’investissement et laissant filer le déficit.

Le nouveau ministre de l’Économie, Emmanuel Macron, semblait conscient de ces difficultés. Il a notamment déclaré au Point que « faire des économies devient plus difficile ». Pourtant, la révision du chiffre de 2015 devrait être « un des seuls aménagements acceptables des 50 milliards d’efforts sur trois ans : si l’inflation n’est pas au rendez-vous, il faudra trouver quelles économies faire à la place, qui prendront sans doute un peu plus de temps ».

Avec du recul, cette annonce précoce pour 2015 semble s’inscrire dans une volonté de l’exécutif de préparer les déceptions en amont. Une volonté de vérité, s’il est possible de trouver un bon point à la politique économique du gouvernement, « car il aurait été irréaliste de prétendre pouvoir trouver des économies supplémentaires d’ici la fin du mois », selon le Ministère de l’Economie. Conséquence de tout cela, le déficit ne devrait pas atteindre l’objectif fixé de 3% en 2015 mais bien se stabiliser à 4%. Une déconvenue de plus qui ne manquera pas de susciter de vives réactions, y compris à gauche. 

 

 

15:15 Publié dans Economie | Lien permanent